Tout savoir sur l’eau du réseau public

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Le réseau français d’assainissement et de distribution d’eau potable s’étend sur prés de 800 000 kilomètres. Selon une étude de l’Institut français de l’environnement (IFEN), sur 29.3 millions de logements  :

  • 22,9 millions sont reliés à un réseau d’assainissement collectif relié à une station d’épuration.
  • 5 millions de logements assurent leur assainissement avec des équipements autonomes.14000 communes, pour la plupart des villages dans lesquels l’habitat est éparpillé n’ont installé aucun réseau d’assainissement collectif
  • 1,4 millions de logements déversent directement leurs effluents dans la nature, sans aucun traitement. Soit ils sont reliés à un réseau collectif non équipé d’une station d’épuration, soit ils sont isolés et n’ont pas d’équipement d’assainissement autonome. Il s’agit en particulier d’habitations situées dans des zones au relief accidenté.

16 100 stations d’épuration publiques ont traité 5,6 km3 d’effluents 2001. Elles ont produit prés d’un million de tonnes de boue, dont plus de la moitié est utilisée par l’agriculture.
En 2002, 40% des dépenses d’environnement des communes et de leurs regroupements, soit 8 milliards d’euros, ont été consacrés à la gestion, la distribution et l’assainissement de l’eau. Mais, selon le ministère de l’environnement cela reste insuffisant; cependant, les canalisations sont globalement en bon état, et avec 20 %, le taux de fuites est l’une des meilleures performances au monde, et loin devant les Etats-Unis où il avoisine les 50 %.

Contrôle sanitaire de l’eau
La qualité de l’eau potable est soumise à deux types de contrôles, que son distributeur soit public ou privé :

  • un contrôle officiel, ponctuel, qui relève de la compétence des pouvoirs publics (DDASS). Il s’agit là du contrôle réglementaire fondamental ;
  • une auto surveillance permanente par les exploitants de leurs services de distribution (régies municipales ou sociétés déléguées).

L’arrêté d’autorisation délivré par le préfet détermine les points où les prélèvements aux fins d’analyse doivent être pratiqués :

  • au niveau de la ressource (dans le cours d’eau ou la nappe souterraine) ;
  • au niveau de la production, c’est-à-dire après traitement et avant l’envoi de l’eau dans le réseau de distribution ;
  • au niveau du réseau de distribution ;
  • au point de consommation. Il s’agit là d’une innovation importante du décret 2001-1220 : pour les eaux fournies par un réseau de distribution, les limites et références de qualité doivent être respectées au point où les eaux sortent des robinets.

Les procédés de traitement et de contrôle sont très nombreux :

Procédés physiques et physico-chimiques
– Le dégrillage (corps flottants et les gros déchets)
– Le tamisage
– La décantation
– La filtration
– La flottation
– La coagulation-floculation

Procédés chimiques
L’oxydation, par le chlore ou l’ozone, agit sur les métaux (fer, manganèse), sur les matières organiques et détruit ou inactive les germes vivants, les virus et les bactéries. Les procédés de substitution d’ions par échange d’ions sur des résines spécifiques sont utilisés pour la dénitratation et l’adoucissement de l’eau.

Procédés biologiques
Des cultures bactériennes appropriées mises en contact avec l’eau à traiter éliminent certains éléments indésirables.

Procédés membranaires
– L’ultrafiltration
– La nano filtration
– L’osmose inverse

Ce qu’en pensent les consommateurs…

Une étude récente (2007) reflète un engouement pour l’eau du robinet. Des chiffres record depuis l’origine du baromètre : un niveau de confiance au plus haut dans la qualité sanitaire de l’eau du robinet, un basculement net des déclarations de consommation d’eau, en faveur du robinet et une satisfaction à des niveaux élevés à l’égard du service de l’eau en France. Autre élément symptomatique des préoccupations pour l’environnement et le développement durable : les Français expriment une inquiétude sur l’avenir des ressources naturelles en eau, à long terme.

Confiance et satisfaction au plus haut
Depuis quatre ans, la confiance que les Français affichent dans la qualité de l’eau du robinet ne cesse de battre des records. Ainsi, 82% des Français estiment que « l’eau du robinet est sûre » (+2 vs 2006 et +16 vs 1996) et 85% ont confiance dans l’eau du robinet. Une confiance qui s’appuie notamment sur la conviction que l’eau est contrôlée (82%).
Logiquement les Français sont satisfaits : 76% des Français se disent satisfaits de la qualité de l’eau de leur commune et 83% du service de l’eau dans leur commune.
Aussi, contrairement aux idées reçues 3/4 des Français (73%) jugent leur eau « bonne ».
Parmi les 23% Français qui se déclarent insatisfaits de la qualité, les principaux reproches sont des données de confort d’utilisation, le goût (45%), le chlore (33%) et le calcaire (23%). Les craintes liées à la pollution se situent très loin derrière et ne sont qu’à l’origine de 10% des motifs d’insatisfaction.

Consommation : l’eau du robinet en tête, un écart de 7% avec les eaux en bouteille
Dans ce contexte de confiance et de satisfaction, le baromètre constate une progression assez spectaculaire des déclarations de consommation d’eau du robinet, qui dépassent celles d’eau plate en bouteille pour la première fois depuis 1999.
67% des Français déclarent consommer au moins une fois par semaine de l’eau du robinet (dont 50% plusieurs fois par jour). Ceci correspond à une hausse de 4 points par rapport à 2006 (63%).
Dans le même temps, 60% affirment consommer au moins une fois par semaine de l’eau en bouteille (43% plusieurs fois par jour), soit 6 points de moins qu’en 2006 (66%).
Parmi ceux qui déclarent boire des deux types d’eaux, la consommation se répartit en 56% d’eau du robinet (+2) et 44% d’eau en bouteille (-2).

Eau et contexte environnemental : les Français vigilants
La conscience des enjeux environnementaux s’ancre dans l’opinion. Une majorité un peu plus élevée (61%, +3 vs 2006) pense ainsi que l’eau est une « ressource limitée ». Mais, dans le même temps, ils sont aussi un peu plus nombreux à estimer qu’ils ne manqueront jamais d’eau dans leur région (46% +3). La crainte de pénurie dans l’avenir est donc en léger repli par rapport à l’année dernière. L’inquiétude se situe surtout sur le long terme : 23% pensent qu’ils en manqueront dans plus de 50 ans, 19% d’ici 10 à 50 ans alors que seuls 2% le craignent d’ici 5 à 10 ans. Cependant, 80% se déclarent attentifs à la quantité d’eau qu’ils consomment (chiffre stable par rapport à 2006).
Prix, dépollution, information : une opinion qui évolue peu sur ces sujets
Année après année et en dépit de débats récurrents sur la question, l’opinion des Français sur le prix de l’eau se caractérise avant tout par une grande stabilité. Cette année encore, une majorité de 58% juge toujours l’eau « plutôt chère », tandis que près d’un tiers des Français (32%) la trouve « plutôt bon marché »… Mais, dans le même temps, 60% se disent encore incapables de chiffrer le prix moyen du mètre cube d’eau ! Par ailleurs, si 52% sont disposés à payer l’eau plus chère pour préserver la qualité des ressources, seule une minorité de 47% est prête à faire de même pour préserver la qualité de l’eau du robinet.

La connaissance du fonctionnement concret de l’assainissement des eaux usées reste très médiocre, même si les Français s’affichent pourtant convaincus de la nécessité de dépolluer les eaux usées. L’importance de la dépollution ne fait pas débat, puisque la quasi totalité des Français (96%) jugent le nettoyage des eaux usées indispensable pour protéger la nature. Un effort d’information doit être fait car 51% des Français demeurent convaincus que les eaux usées sont retraitées en usine pour produire de l’eau potable (ce qui est totalement faux) tandis que seuls 39% affirment qu’elles sont nettoyées avant d’être rejetées dans la nature, 5% estimant qu’elles sont rejetées telles quelles.
Quant au niveau d’information des Français sur tout ce qui se rapporte à l’eau, année après année, il progresse lentement. Ainsi, 38 % affirment disposer cette année de suffisamment d’informations sur l’eau (+2) et 60% pensent le contraire (-3). S’il reste donc beaucoup d’efforts à consentir, il s’agit tout de même du meilleur ratio jamais enregistré.
Cette année encore, les Français se déclarent avant tout intéressés par les questions relatives à la qualité de l’eau (contrôles, normes, provenance de l’eau), loin devant les éléments relatifs au prix ou aux eaux usées. Quant aux sources d’information privilégiées, le trio télévision, mairie et entreprises de service d’eau reste inchangé. Seule évolution notable et on ne peut plus logique, Internet progresse comme source d’information.

(Source: TNS)

Les polluants et contaminants de l’eau

Les nitrates
Présents à l’état naturel dans le sol et solubles, ils pénètrent dans le sol et les eaux souterraines et se déversent dans les cours d’eau. Mais ils sont aussi apportés de manière synthétique par les engrais. Ils sont l’une des causes de la dégradation de l’eau.

Les nitrates sont-ils dangereux ?
Transformés en nitrites par l’organisme, ils peuvent provoquer la transformation de l’hémoglobine en “méthémoglobine” et provoquer un mauvais transfert de l’oxygène vers les cellules. Cette pathologie peut affecter les nourrissons de moins de 6 mois. Le risque est très difficile à établir. Partant d’un principe de précaution, la norme de potabilité pour l’eau a été fixée à 50 mg/l. Les autorités sanitaires locales veillent à ce que le consommateur soit convenablement informé lorsque cette norme est dépassée. Au-delà de 100mg/l, l’eau ne doit pas être consommée.

Les traitements
En 1996, les pouvoirs publics ont établi une carte des “zones vulnérables” nécessitant la mise en place d’un programme d’actions. Les communes les plus exposées à ce risque doivent envisager la mise en œuvre d’unités de traitement des nitrates. Différents procédés de traitement physico-chimique ou biologique des nitrates ont reçu l’autorisation du Ministère chargé de la Santé.

Les pesticides
Produits phytosanitaires, ils sont issus de substances chimiques telles que les insecticides ou les désherbants. Ils contaminent les eaux de surface (cours d’eau, lacs…) et les eaux souterraines. L’agriculture est le premier utilisateur de pesticides avec les services publics, les collectivités locales et les particuliers qui entretiennent les jardins. La France est le deuxième consommateur mondial de pesticides après les Etats-Unis.

La norme fixe à 0,1 µg par litre la concentration maximale pour chaque type de pesticide identifié et à 0,5 µg par litre la concentration totale en pesticides. Cette norme est plus sévère que les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Les traitements
Plus de 300 types de pesticides sont déjà sur le marché. Pour répondre à l’évolution constante des produits phytosanitaires, les laboratoires des sociétés de service des eaux doivent sans cesse adapter les traitements aux nouveaux produits arrivant sur le marché.

Le chlore
“Pouah ! Ca a le goût d’eau de Javel !”. Ce goût fort désagréable… c’est le chlore. C’est le désinfectant le plus utilisé pour l’élimination des germes pathogènes et pour la sécurité sanitaire du transport de l’eau dans les canalisations. En se combinant aux matières organiques, le chlore élimine les éléments indésirables. La réaction donne ce goût d’eau de Javel. Pour l’éviter, laissez l’eau s’aérer, par exemple, dans une carafe ouverte placée une heure dans le réfrigérateur. Le chlore ne représente aucun risque pour la santé. Les pouvoirs ont fixé la limite de teneur en “chlore résiduel” à 0,1 mg par litre. Cela correspond à une goutte de chlore pour 1 000 litres d’eau. Cette valeur est souvent dépassée !

Les traitements
Les recherches technologiques ont permis la mise au point d’un nouveau système de traitement de l’eau. Son principe : la “filtration sur membranes”. L’eau passe au travers de membranes dont les pores sont tellement petits qu’ils permettent de retenir des éléments comme les virus ou les bactéries pathogènes. Ce procédé permet de limiter la chloration de l’eau distribuée. Le goût en est ainsi amélioré.

Le plomb est un métal lourd très toxique. Pourtant, bon nombre de tuyauteries sont en plomb. Or, l’organisme ne l’élimine pas, il le stocke. Chez les enfants, par exemple, il peut provoquer un retard psychomoteur et des troubles du comportement dès qu’il y a du plomb dans l’environnement immédiat. Les contaminations sont dues à l’essence plombée et à l’eau du robinet. Le plomb ingéré passe dans le sang, y séjourne quelques semaines puis se fixe dans les os où il s’accumule à plus de 80%. L’eau douce (peu minéralisée) est un facteur de risque avéré.

Le plomb du robinet
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 10 microgrammes de plomb par litre. Or, pour l’instant, la réglementation française a mis la limite à 50 ! On est largement au dessus ! Toutefois, la nouvelle directive européenne sur l’eau potable adoptée en 1998, descendra le maximum admissible au robinet à 25 fin 2003 et à 10 en 2013.

Les principaux responsables sont les tuyauteries internes des maisons et des immeubles ainsi que les branchements publics. Les grandes agglomérations en comptent encore beaucoup. Il faudrait remplacer toutes les conduites en plomb, privées et publiques. Mais cela coûtera cher à la France : plus de 18 milliards d’euros ! L’autre solution, pour limiter les teneurs au plomb au robinet, c’est de traiter l’eau en usine. Applicable dans l’immédiat, cette technique coûte peu cher : quelques centimes par mètre cube. Les spécialistes assurent qu’elle permettrait dans tous les cas de passer en dessous de la limite de 25 microgrammes/litre au robinet.

Le calcaire
Sa présence dans l’eau n’est pas très appréciée, pourtant il ne fait pas l’objet de normes. Sa mesure se fait en “degrés français”. Un degré correspond à 4 mg de calcium ou 2,4 mg de magnésium par litre. On distingue :
– les “eaux douces” (moins de 15 degrés français),
– les eaux “dures” (de 15 à 35 degrés)
– les eaux très dures (plus de 35 degrés).

Les remèdes
Pour éviter le calcaire dans les appareils ménagers et les installations de chauffage de l’eau, ne chauffez pas trop l’eau. Le calcaire se pose en effet plus souvent lorsque la température est élevée. Pour éviter l’entartrage, ne réglez pas le thermostat du chauffage de l’eau au-delà de 60°C. Lorsque l’eau utilisée est très dure, il existe des procédés de décarbonatation pour limiter cette dureté. Mais le critère de coût empêche, une nouvelle fois, le développement de cette technique.

La dureté de l’eau dépend de la nature géologique des sols qu’elle a traversés. Un sol crayeux ou calcaire donnera une “eau dure” alors qu’un sol granitique ou sablonneux donnera une eau douce. Les désagréments d’une eau trop dure engendrent un entartrage des tuyauteries et donnent une eau désagréable pour la peau. En revanche, une eau trop douce a un effet corrosif sur les canalisations et peut amener une présence excessive des métaux provenant des canalisations dans l’eau, tel le plomb.

(sources: l’Agence de l’Eau)

Liste des Eléments chimiques que vous pouvez filtrer de l’eau de votre réseau grâce aux Fontaines LAGUNEO :

Nom

Symbole

Pourcentage de rétention

Chlorure

Cl-

95-97

Bicarbonate

HCO3-

95-96

Sulfate

SO42-

99+

Nitrate

NO3-

93-96

Fluorure

F-

94-96

Silicate

SiO22-

95-97

Phosphate

PO43-

99+

Bromure

Br-

94-96

Borate

B4O72-

35-70

Chromate

CrO42-

90-98

Cyanure

CN-

90-95

Sulfite

SO32-

98-99

Thiosulfate

S2O32-

99+

Ferrocyanure

Fe(CN)63-

99+

Sodium

Na+

95-97

Calcium

Ca+2

96-98

Magnésium

Mg+2

96-98

Potassium

K+

95-97

Fer

Fe2+

98-99

Manganèse

Mn2+

98-99

Aluminium

Al3+

99+

Ammonium

NH4+

88-95

Cuivre

Cu2+

98-99

Nickel

Ni2+

98-99

Zinc

Zn2+

98-99

Strontium

Sr2+

96-99

Dureté

Ca2+ et Mg2+

96-98

Cadmium

Cd2+

96-98

Argent

Ag+

94-96

Mercure

Hg2+

96-98

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